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Commémoration de Tous les Fidèles Défunts à Gikondo



Aujourd’hui, à Gikondo, une messe a été célébrée en mémoire de tous les fidèles défunts, et plus particulièrement de nos confrères pallottins qui reposent au cimetière de la communauté.
L’Eucharistie a été présidée par le Père Provincial Eugène Niyonzima, S.A.C., entouré de quatre autres prêtres Pallottins. Étaient également présents les Sœurs Petites Servantes de la communauté de Karama, les Sœurs Pallottines de Gikondo, ainsi que les laïcs de l’Union de l’Apôstolat Catholique (U.A.C.) de Gikondo. Au cimetière pallottin de Gikondo reposent cinq confrères : P. Vitold Sikora, P. Pierre Granatowicz, P. Ignace Cieslak, P. Boniface Haguminshuti et le Fr. Stanislaw Bies. À leurs côtés repose également Sœur Barbara Wiatkowska, religieuse polonaise de la congrégation des Petites Servantes.

La célébration a débuté par une procession partant de la chapelle communautaire jusqu’au cimetière. Tous les participants portaient une bougie allumée et une fleur, qu’ils ont déposées sur les tombes de nos frères et sœur défunts.
Durant la messe, une prière a été dite pour le Père Ignace Mugobe, enterré au cimetière de Buhimba, dans le diocèse de Goma, ainsi que pour tous les Pallottins défunts ayant servi dans notre province et dont les corps reposent ailleurs, notamment en Pologne.

Bénédiction de tombes . 

Pourquoi prions-nous pour les défunts ?

Cette question touche profondément à notre compréhension de la vie après la mort et de la résurrection. Elle s’enracine dans la perspective chrétienne et catholique sur la mortalité et l’immortalité.

  1. Fondements bibliques et théologiques

Les Écritures évoquent abondamment la vie éternelle, la résurrection et le jugement.
Dans l’Ancien Testament, plusieurs textes en parlent :

  • Isaïe 25,8 : Dieu « fera disparaître la mort pour toujours » ;
  • Qohélet 3, Siracide 7 et Sagesse 3,1-9 : réflexion sur la vie après la mort ;
  • 2 Maccabées 12,39-46 : prier pour les morts manifeste l’espérance en leur purification et en la résurrection, puisqu’il existe un lien continu entre vivants et défunts.

Dans le Nouveau Testament, les Évangiles proclament la vie éternelle à travers la foi en Jésus-Christ (Lc 23,42-43 ; Jn 11,25-27 ; Mt 25,46 ; Mc 16,2-7). Les Épîtres de saint Paul développent également la foi en la résurrection du Christ et en celle des croyants (1 Co 15 ; Ph 1,20-21 ; 3,20-21).

Sur le plan anthropologique et éthique, l’être humain, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, garde une dignité inaliénable même dans la mort. Sur le plan théologique, la foi en la vie éternelle repose sur les thèmes de la création, du péché, du jugement, de la souffrance, de la résurrection et de la miséricorde divine. Les Pères de l’Église, tels que saint Augustin, Irénée de Lyon, Cyprien ou encore Ambroise, affirment l’immortalité de l’âme et la résurrection du corps. L'homélie de saint Ambroise sur la mort de son frère, reprise par Benoît XVI dans Spe Salvi (§10), illustre magnifiquement la foi chrétienne dans la victoire de la vie sur la mort.

 2. Vision africaine de la mort

Dans de nombreuses cultures africaines, la mort n’est pas considérée comme une fin, mais comme un passage vers le monde spirituel. On croit que les morts continuent d’interagir avec les vivants : ce sont les ancêtres, ou les « vivants-morts », qui participent encore à la vie de la communauté. Le respect des défunts et des lieux de sépulture est profondément enraciné dans ces traditions. Cette croyance est attestée dans plusieurs cultures africaines  et même dans les pyramides d’Égypte, où les morts étaient enterrés avec leurs biens, signe de la continuité de la vie.
Des auteurs comme Tempels, Mbiti, Mulago, Nyamiti, Magesa ou Bediako en ont largement parlé.

Aujourd’hui, dans son homélie, le Père Eugène Niyonzima a cité la célèbre phrase du poète Birago Diop : « Les morts ne sont pas morts. » Il a insisté sur la présence invisible des défunts : ils peuvent être absents à nos yeux, mais présents dans notre mémoire. En faisant mémoire d’eux, nous les rendons vivants parmi nous. Toutefois, cette mémoire peut être teintée de tristesse ou de joie, selon la relation vécue — d’où l’importance de vivre en harmonie dès ici-bas.

3. Sens chrétien de la prière pour les morts

Dans la tradition catholique, prier pour les défunts est un acte de foi, d’espérance et de charité.
Cette pratique ancienne manifeste la communion des saints : ceux qui vivent sur terre, ceux qui sont en purification et ceux qui contemplent Dieu dans la gloire.

Nous prions :

  • pour célébrer le mystère pascal du Christ et affirmer notre espérance en la résurrection ;
  • pour proclamer la foi en la vie éternelle, selon l’Évangile ;
  • pour implorer la miséricorde de Dieu et le repos éternel des âmes ;
  • pour consoler les vivants dans leur peine et raviver leur espérance.

Photo-souvenir après la célébration Eucharistique

4. La Première Préface pour les Défunts

Cette préface liturgique rappelle que la mort, bien qu’inévitable, n’est pas la fin mais un passage vers la vie éternelle.
Elle transmet un triple message : conversion, consolation et confirmation de la foi.

  • Conversion

Elle invite les vivants à méditer sur la brièveté de la vie et à conformer leur existence à la volonté de Dieu. La promesse d’immortalité appelle chacun à passer de l’incrédulité à la foi au Christ ressuscité.

  •  Consolation

Par l’annonce de la résurrection, elle offre réconfort et espérance :« Pour tes fidèles, Seigneur, la vie n’est pas détruite, elle est transformée ;
et lorsque disparaît la demeure de ce séjour terrestre, une demeure éternelle est préparée dans les cieux. » Ainsi, la mort n’est pas une séparation définitive, mais une transition vers la plénitude de la vie en Dieu.

3. Confirmation

Elle réaffirme les vérités fondamentales de la foi catholique : la résurrection du Christ, la vie éternelle et l’accomplissement des promesses divines.
L’Esprit Saint, reçu au baptême et confirmé dans la foi, nous fortifie dans cette espérance.


Conclusion

En priant pour nos frères et sœurs défunts, nous affirmons notre foi en la résurrection et en la miséricorde de Dieu.
C’est un geste de communion, de souvenir et d’espérance.

Que les âmes de nos frères et sœurs défunts reposent en paix,
et que brille pour elles la lumière sans déclin.



« Vous serez mes témoins » (Ac 1,8)

Frère Félix Harerimana Baraka, S.A.C.
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